Histoire du Brabant-du-Nord
(de l'Austrasie, de la Toxandrie)

Au I er siècle, des tribus installées sur la rive droite du Rhin inférieur opéraient des raids maritimes et terrestres dans l'Empire romain . Ces tribus ne formaient pas encore un peuple, avec ses caractères ethniques, son histoire et ses coutumes.  

Au III e  siècle, certaines de ces peuplades s'unirent contre les Romains pour former une ligue de guerriers que l'on appela les «Franci». Leurs expéditions dévastatrices en Gaule (en 258 et 276) provoquèrent une crise très profonde, que les Romains surmontèrent difficilement.  

Cependant, à la fin du III e siècle, les tribus franques, vaincues par l'empereur Maximien , furent installées par les Romains sur la rive gauche du Rhin et soumises au paiement d'un tribut, tandis que les autres groupes continuaient à vivre indépendants au-delà du limes, la frontière fortifiée qui défendait l'Empire.

A la conquête d'un royaume (IVe-VIe siècle)
Au IV e  siècle, l'Empire romain, partagé et affaibli, se trouva menacé par les Barbares , et l'armée avait de plus en plus recours à ceux de ces peuples déjà installés sur le territoire. Certains Francs accédèrent ainsi aux postes les plus élevés de la hiérarchie militaire romaine.   Les Francs Saliens en Toxandrie (installés à l'ouest dans ce qui est aujourd'hui la région de l'Overijssel,aux Pays-Bas) envahirent la Germanie seconde du côté d'Utrecht , et les Francs rhénans, à l'est, devinrent des peuples fédérés, c'est-à-dire entretenus en échange d'un service militaire accompli sous la conduite de leurs roitelets tribaux.  

Les Francs, fédérés de Rome
Lors de la grande invasion des Vandales en 406-407, les Francs défendirent, auxcôtés des armées romaines, le limes rhénan contre les vagues de Germains poussés vers l'ouest par l'avancée des Huns. Ils contribuèrent notablement à la défaite d'Attila à la bataille des champs Catalauniques, en 451.   En même temps, ils opérèrent une lente descente vers le sud, occupant la Belgique actuelle, le nord de la France ainsi que des villes romaines, comme Tournai ou Cambrai à l'ouest, Cologne ou Trèves à l'est.  

La tombe du roi des Francs Saliens, Childéric, découverte à Tournai en 1653, ainsi que les fouilles récentes menées dans cette ville témoignent du caractère composite de la civilisation franque au V e  siècle. Le roi a été inhumé comme un prince barbare, avec ses armes et de magnifiques pièces d'orfèvrerie cloisonnée d'origine orientale. On a pratiqué le sacrifice rituel de plusieurs chevaux, enterrés à proximité de la tombe royale. Dans cette dernière, l'influence romaine se manifeste par le dépôt de nombreuses pièces d'or romaines, qui constituaient probablement la solde des guerriers francs. Un anneau sigillaire représente le roi avec ses longs cheveux, insigne de la royauté chez les Mérovingiens, et revêtu du paludamentum, le manteau des généraux romains.  

Clovis et la conquête franque
Lorsqu'en 481 Clovis succéda à son père Childéric, il n'y avait plus d'empereur romain en Occident, et la Gaule était presque entièrement aux mains des Barbares. Burgondes et Wisigoths avaient fondé dans la vallée du Rhône et dans la Gaule méridionale deux puissants royaumes qui semblaient prêts à étendre leur hégémonie sur l'ensemble du pays. Au nord de la Somme, les Francs Saliens restaient divisés, et les Francs rhénans étaient menacés à l'est par les Alamans.  

Pendant son long règne,Clovisétendit sa domination sur une grande partie de la Gaule, battant le Romain Syagrius, l'emportant sur les Wisigoths et les Alamans. A la fin de sa vie, après avoir éliminé ses anciens alliés, il rassembla tous les Francs sous son autorité. Les guerriers francs, réputés pour leur bravoure et la qualité de leur armement, furent servis par l'intelligence retorse de leur roi. Clovis, roi païen, comprit quel parti il pouvait tirer de l'appui des Gallo-Romains catholiques face aux Burgondes et aux Wisigoths ariens, c'est-à-dire adeptes d'une forme schismatique de christianisme. Il se convertit donc au catholicisme, et ses conquêtes furent facilitées par les évêques. A sa mort, le royaume franc s'étendait des Pyrénées à la Weser, de la Bretagne à la Bourgogne, non comprises.